Marxisme

Le marxisme : théories, pratiques, débats, histoire.

04 janvier 2008

Marxisme et démocratie

"Le communisme et le socialisme, pour tendre vers la démocratie authentique dépourvue de toute empreinte de classe, doivent conserver et accroître comme un bien précieux les éléments de démocratie historiquement acquis dans la lutte des classes" (Cercle Communiste Démocratique, 1931).

Il faut d'abord rappeler que la conquête des garanties démocratiques actuelles ont été obtenues par des luttes, avec la participation des marxistes et des autres socialistes : en particulier le vote des femmes, ainsi que le suffrage universel (et non plus censitaire).

En particulier, Karl Marx et Friedrich Engels ont milité pour la démocratie - on peut rappeler par exemple leur soutien actif au chartisme (qui était un mouvement populaire britannique pour le suffrage universel). Cet engagement n'avait rien de passager, puisque "à chaque période de sa carrière politique, on voit Marx combattre inlassablement pour les libertés démocratiques" (Maximilien Rubel, "Le concept de démocratie chez Marx", Le Contrat social, 1962).

En 1847, Engels voit le communisme comme la conséquence logique de la conquête de la démocratie. Il écrit ainsi : "La démocratie c'est aujourd'hui le communisme", "les masses démocratiques peuvent être comptées sans peine dans le calcul des effectifs communistes". Enfin, il considère que "les prolétaires de toutes les nations commencent, sans grand tapage, à fraterniser réellement sous la bannière de la démocratie communiste" (Kommunistische Zeitschrift, septembre 1847, traduction française dans Karl Marx, Œuvres tome 4, Bibliothèque de la Pléiade, 1994, pp. 1389-1390).

Le marxisme observe que les élans vers la démocratie ont principalement lieu pendant les périodes révolutionnaires, qui sont des tentatives plus ou moins abouties en ce sens, évidemment jamais parfaites - nous n'avons de toute façon aucun exemple du passé à reproduire tel quel.

Mais, au-delà des lacunes importantes qui restent en matière de démocratie, et qui devront être dépassées pour atteindre une véritable démocratie politique, il n'existe toujours pas de "démocratie économique", concept qui est contradictoire avec les principes du capitalisme. La lutte pour la démocratie doit donc nécessairement s'accompagner de la lutte sur le terrain social.

Selon Rosa Luxemburg, "le sort de la démocratie est lié au sort du mouvement ouvrier". Il est donc du devoir des marxistes que de défendre et de développer la démocratie.

La démocratie est en effet indispensable à l'objectif fondamental du marxisme : la constitution d'une communauté humaine mondiale, débarrassée de toute forme d'oppression.

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17 août 2007

Les bases du marxisme

Le marxisme est une pensée critique, mais pas un "système" : "je n'ai jamais établi de "système socialiste"" écrivait Karl Marx dans ses Notes critiques sur Adolphe Wagner (1880). Le marxisme est une analyse en évolution du monde tel qu'il est, une méthode qui doit lier intimement pratique et théorie.

Voici les principaux fondamentaux du marxisme :

* L'opposition à un système économique inégalitaire, basé sur l'aliénation, l'exploitation du plus grand nombre (par le système du salariat), et dirigé vers la réalisation de profit pour quelques uns, et non vers la satisfaction des besoins de tous. Il s'agit du capitalisme, mais on peut évidemment imaginer d'autres systèmes présentant les mêmes caractéristiques essentielles, auxquels les marxistes s'opposeraient également.
Pour la transformation de la société, le marxisme estime nécessaire un processus révolutionnaire permettant d'arriver à une société basée sur la coopération et la gratuité.

* "L'émancipation des travailleurs doit être l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes" - principe inhérent au véritable marxisme, qui implique la démocratie et l'auto-émancipation, ainsi que la démocratie comme élément fondateur indispensable pour une nouvelle société (que l'on appelle socialisme ou communisme), société à construire, débarrassée des différentes formes de domination.

* L'internationalisme, qui est à la fois le constat de l'intérêt commun des travailleurs du monde entier et de la nécessité de la lutte au niveau mondial, et l'objectif du dépassement des nations dans une communauté humaine mondiale.

* La connaissance et l'analyse de l'Histoire (conception matérialiste de l'histoire).

* Le constat de l'existence de classes sociales qui divisent les hommes et les femmes en différents segments de population ; le constat des profondes inégalités et injustices entre ces classes ; et le constat que tant que la division de la société en classes existera, il y a aura des luttes entre ces classes (lutte des classes).
En conséquence, tout en participant actuellement à la lutte de classe des travailleurs, les marxistes militent pour une réorganisation de la société visant à la fin des classes sociales.

* Le libre exercice de l'esprit critique. "Doute de tout" disait Marx, le but étant de connaître la réalité telle qu'elle est, pour mieux la comprendre et ainsi la transformer.

Ces principes, ou certains d'entre eux, peuvent parfaitement être partagés par d'autres théories politiques et sociales : si c'est le cas, évidemment tant mieux ! Le marxisme ne cherche pas à s'isoler, tout au contraire : le but est de contribuer à la constitution d'un mouvement d'ensemble de la société pour créer "une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous" (Karl Marx, Manifeste Communiste).

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